Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a achevé jeudi à Bahreïn une tournée du Golfe destinée à rassurer les alliés de Washington avant la reprise des négociations avec l'Iran. Une réunion technique avec la délégation iranienne est attendue les 29 ou 30 juin en Suisse.
D'Abou Dhabi au Koweït, puis à Bahreïn, où il participait à une réunion du Conseil de coopération du Golfe, M. Rubio a promis à ces monarchies — lourdement frappées par les tirs iraniens en représailles de l'offensive israélo-américaine lancée le 28 février — que les États-Unis « discuteraient avec elles de chaque décision » prise face à Téhéran. En parallèle, des discussions de réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont envisagées en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée.
Le bras de fer sur le détroit d'Ormuz
Le protocole signé le 17 juin, qui a ouvert soixante jours de négociations, prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transitait en temps normal un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. L'Organisation maritime internationale a entamé l'évacuation des quelque 11 000 marins qui y étaient bloqués, et la circulation reprend — la plateforme de suivi Kpler a recensé trente-sept franchissements en une seule journée.
Mais Téhéran entend imposer des « frais de service » sur ce passage stratégique, assurant qu'il ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre. « Aucun péage, aucun frais d'assurance et aucun autre frais » ne sera accepté, a tonné Donald Trump ; aucun pays hormis l'Iran ne soutient cette idée, a renchéri M. Rubio. Sur les marchés, le Brent est brièvement repassé sous son niveau d'avant-guerre, loin du pic de 126 dollars atteint au paroxysme du conflit.
Critiques à Washington, divergences sur le nucléaire
Pressé d'en finir avec une guerre impopulaire, M. Trump est critiqué pour ses concessions. La Maison Blanche a réclamé une rallonge de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions, et le Sénat a adopté une résolution non contraignante — déjà votée par la Chambre — ordonnant le retrait des forces engagées face à l'Iran, un « vote inopportun » selon le président. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a vu dans le protocole « une déclaration de défaite pour l'Amérique ».
Sur le nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique a assuré que des inspections auraient lieu en Iran, sans en fixer la date. Téhéran, qui a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique, campe sur son droit à une filière civile complète.
Le front libanais, point de fragilité
L'Iran avait imposé l'inclusion du Liban dans le protocole. Or le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle « violation » du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays, deux autres personnes ayant été tuées la veille. La fin de la guerre au Liban est « aussi importante » que celle des hostilités en Iran, a estimé M. Ghalibaf.
Téhéran a également accusé l'Otan de « complicité » dans la guerre, reprochant à l'Italie et à la Roumanie d'avoir laissé des avions américains utiliser leurs bases. À quelques jours de la prochaine session suisse, les lignes restent mouvantes.











