- Greenpeace (14 avril) : un effondrement du sarcophage accroîtrait le risque de rejets radioactifs
- 4 tonnes de poussière hautement radioactive sous le sarcophage interne
- Nouvelle enceinte percée par un drone russe en février 2025. Réparations impossibles sous les bombes
- Coût estimé : 500 millions d’euros (Barrot, mars 2026)
- Le directeur de la centrale : une roquette à 200 m suffirait à provoquer un impact de type sismique
Quatre tonnes de poussière hautement radioactive. Des granules de combustible nucléaire. D’énormes quantités de radioactivité enfermées sous une enveloppe d’acier et de béton construite à la hâte en 1986, elle-même recouverte d’une structure métallique moderne percée par un drone russe. C’est la situation de Tchernobyl en avril 2026, résumée dans un rapport publié par Greenpeace le 14 avril. L’ONG avertit qu’un effondrement du sarcophage interne libérerait cette radioactivité dans l’atmosphère. Quarante ans après la catastrophe, Tchernobyl est redevenu un danger actif.
Deux enveloppes, deux problèmes
Les vestiges du réacteur n°4, celui qui a explosé en avril 1986, sont protégés par deux structures emboîtées. La première est le sarcophage original — une coque d’acier et de béton érigée dans l’urgence après la catastrophe. La seconde est la nouvelle enceinte de confinement (NSC), un dôme métallique de 36 000 tonnes installé en 2016 par-dessus le sarcophage, financé par la communauté internationale à hauteur de 2,1 milliards d’euros.
En février 2025, un drone russe a perforé cette structure externe. L’Ukraine accuse la Russie de viser régulièrement le site depuis le début de l’invasion en 2022. Depuis cette perforation, la fonction de confinement de la NSC n’a pas pu être « pleinement rétablie », selon Greenpeace.
« Cela accroît le risque de rejets de radioactivité dans l’environnement, notamment en cas d’effondrement » du sarcophage interne, prévient l’ONG.

« Ce serait catastrophique »
Shaun Burnie, spécialiste nucléaire de Greenpeace Ukraine, détaille le scénario redouté. « Il y a 4 tonnes de poussière, de la poussière hautement radioactive, des granules de combustible et d’énormes quantités de radioactivité à l’intérieur du sarcophage. » Un effondrement non contrôlé de l’enveloppe interne disperserait ce matériel dans l’air.
« Et parce que la nouvelle enceinte de confinement ne peut pas être réparée en ce moment et ne peut pas fonctionner comme prévu, il existe un risque de rejets radioactifs », ajoute-t-il.
Greenpeace préconise la déconstruction des éléments instables du sarcophage interne pour éviter un effondrement incontrôlé. Mais les travaux sont rendus impossibles par la guerre. « Des missiles russes sont toujours tirés au-dessus de Tchernobyl », rappelle Burnie. « Quarante ans après la catastrophe, la Russie livre toujours une véritable guerre nucléaire aux peuples de l’Ukraine et de l’Europe. »
Un impact sismique à 200 mètres
Sergiy Tarakanov, directeur de la centrale, confirme la gravité de la situation. « Si une roquette tombe, non seulement dans l’enceinte de confinement mais à seulement 200 mètres, cela créera un impact externe semblable à celui d’un séisme. »
« Et ce que l’accident de 1986 nous a montré, c’est que les particules radioactives ne connaissent pas de frontières », rappelle-t-il. Le nuage de Tchernobyl avait contaminé une grande partie de l’Europe en quelques jours.
Le coût de la restauration de l’arche endommagée s’élève « aux alentours de 500 millions d’euros », avait indiqué en mars le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Mais tant que les missiles russes survolent la zone, aucun chantier n’est envisageable.
Une guerre qui réveille le nucléaire
Tchernobyl n’est pas le seul site nucléaire menacé par le conflit. La centrale de Zaporijia, la plus grande d’Europe, est occupée par les forces russes depuis mars 2022. L’AIEA y maintient une présence permanente pour surveiller la sécurité. La guerre en Ukraine a fait de la sûreté nucléaire une question de sécurité internationale — pas seulement ukrainienne.
Le rapport de Greenpeace tombe au moment où le conflit au Moyen-Orient absorbe l’attention diplomatique mondiale. L’Ukraine craint que la guerre en Iran ne relègue sa propre crise au second plan — y compris sur les questions nucléaires. Volodymyr Zelensky a déjà alerté sur l’impact du conflit iranien sur les livraisons de missiles américains à Kiev.
Tchernobyl reste un symbole. Mais en avril 2026, c’est aussi un problème concret : une structure fragilisée, une réparation impossible, et 4 tonnes de matière radioactive qui attendent que quelque chose cède.
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Sources : Greenpeace / Euronews, AFP, Armees.com.











