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Fin des ZFE :
275 voix pour, et un recours en embuscade

L'Assemblée nationale a voté la suppression des zones à faibles émissions mardi 14 avril, par 275 voix contre 225. Le RN et LR ont fait basculer le vote. Le gouvernement, battu sur son amendement de compromis, mise sur le Conseil constitutionnel.

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Vignette Crit'Air sur un pare-brise de voiture en France
L'Assemblée nationale a voté la suppression des zones à faibles émissions le 14 avril 2026© Romain Doucelin / Hans Lucas via AFP
L'Essentiel
  • L'Assemblée nationale adopte le 14 avril la suppression des ZFE par 275 voix contre 225, dans le cadre de la loi de simplification
  • Le RN et LR ont voté pour la suppression — la gauche a voté contre, estimant le texte néfaste pour l'environnement
  • Le gouvernement avait tenté un amendement de compromis — rejeté
  • Dernier vote au Sénat le 16 avril — une partie du camp gouvernemental espère un recours au Conseil constitutionnel
  • Dix métropoles appliquent une ZFE — Paris et Lyon maintenaient encore l'interdiction des Crit'Air 3

275 voix contre 225. L'Assemblée nationale a adopté mardi 14 avril la suppression des zones à faibles émissions, intégrée au projet de loi de simplification de la vie économique. Le Rassemblement national et Les Républicains ont voté pour. La gauche a voté contre. Le gouvernement a perdu.

Le texte passe au Sénat mercredi 16 avril pour un dernier vote. Mais l'histoire ne s'arrêtera probablement pas là.

Ce que les ZFE interdisaient

Les zones à faibles émissions restreignent la circulation des véhicules les plus polluants dans les centres-villes, sur la base des vignettes Crit'Air. Dix métropoles françaises les appliquent. À Paris et Lyon, les véhicules Crit'Air 3 et au-delà (diesel d'avant 2011, essence d'avant 2006) sont interdits depuis le 1er janvier 2025.

À Strasbourg, Marseille et Rouen, les restrictions Crit'Air 3 avaient été allégées après une amélioration durable de la qualité de l'air. Mais le cadre légal national imposait à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants de mettre en place une ZFE.

C'est cette obligation nationale que le vote du 14 avril supprime.

Ce qui s'est joué à l'Assemblée

Le gouvernement ne voulait pas de cette suppression. Il avait déposé un amendement de compromis : maintenir la base légale des ZFE tout en laissant aux collectivités le choix de les appliquer ou non. L'amendement a été rejeté.

Le RN avait annoncé qu'il voterait contre tout texte qui maintiendrait les ZFE sous quelque forme que ce soit. Son vote a fait basculer le scrutin. Les groupes de gauche ont voté contre la suppression, estimant le texte « néfaste pour l'environnement ».

Le résultat est une coalition inhabituelle : l'extrême droite et la droite votent ensemble pour supprimer un dispositif environnemental, contre l'avis du gouvernement et de la gauche.

Le Sénat et le Conseil constitutionnel

Le Sénat se prononce le 16 avril. Si le texte est adopté en l'état, la suppression des ZFE sera votée définitivement.

Mais une partie du camp gouvernemental compte sur une autre issue. Selon l'AFP, des parlementaires espèrent voir la mesure « retoquée au Conseil constitutionnel ». L'argument : la suppression des ZFE pourrait être considérée comme un cavalier législatif — une disposition sans rapport direct avec l'objet du texte (la simplification de la vie économique). Si le Conseil constitutionnel la censure, les ZFE resteraient en vigueur malgré le vote.

Des avocats spécialisés en droit de l'environnement ont également soulevé la question de la conformité avec la Charte de l'environnement, adossée à la Constitution, et avec les engagements européens de la France en matière de qualité de l'air.

Ce que ça change pour les automobilistes

Si la suppression est définitive et passe le filtre constitutionnel, les conséquences sont directes :

  • Plus d'obligation nationale pour les agglomérations de mettre en place une ZFE
  • Les métropoles qui le souhaitent pourraient maintenir des restrictions de circulation, mais sur une base volontaire, pas légale
  • Les véhicules Crit'Air 3, 4 et 5 pourraient à nouveau circuler dans les centres-villes

Pour les millions de propriétaires de véhicules diesel d'avant 2011, c'est un soulagement potentiel — à condition que le Sénat confirme et que le Conseil constitutionnel ne censure pas. En attendant, les restrictions existantes restent en vigueur.

Pour la qualité de l'air, le débat est tout autre. Les associations de santé et de défense de l'environnement alertent sur les conséquences d'un retour des véhicules polluants dans les centres-villes, dans un contexte où la pollution de l'air cause 40 000 décès prématurés par an en France selon Santé publique France.

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L'essentiel

  • L'Assemblée nationale adopte le 14 avril la suppression des ZFE par 275 voix contre 225, dans le cadre de la loi de simplification
  • Le RN et LR ont voté pour la suppression — la gauche a voté contre, estimant le texte néfaste pour l'environnement
  • Le gouvernement avait tenté un amendement de compromis pour sauver les ZFE — il a été rejeté
  • Dernier vote au Sénat prévu le 16 avril — une partie du camp gouvernemental espère un recours au Conseil constitutionnel
  • Paris et Lyon maintenaient encore l'interdiction des véhicules Crit'Air 3 — la suppression pourrait les contraindre à lever ces restrictions

Questions fréquentes

Les ZFE sont-elles définitivement supprimées ?
Pas encore. L'Assemblée a voté la suppression le 14 avril par 275 voix contre 225. Le Sénat doit se prononcer le 16 avril. Si le texte est adopté, il pourra encore être contesté devant le Conseil constitutionnel, qui pourrait censurer la mesure comme cavalier législatif. En attendant, les restrictions existantes restent en vigueur.
Puis-je à nouveau circuler en Crit'Air 3 dans Paris ou Lyon ?
Non, pas pour l'instant. Le vote de l'Assemblée supprime l'obligation nationale de créer des ZFE, mais il doit encore être confirmé par le Sénat et survivre à un éventuel recours constitutionnel. Tant que le processus législatif n'est pas terminé, les interdictions Crit'Air 3 restent en vigueur à Paris et Lyon.

Camille Rousseau

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