Le 17 septembre, Emmanuel Macron a reçu à l'Élysée le président libanais Joseph Aoun et le roi Abdallah II de Jordanie. Les discussions ont aussi porté sur la relève de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la Finul, dont le mandat s'achève le 31 décembre. Ils ont ensuite ouvert une réunion des chefs d'état-major français, britannique, italien, jordanien et libanais, en présence de responsables américains et saoudiens, pour examiner le plan de déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire. L'Élysée voulait un plan « clair, crédible, réaliste ». Il souhaitait aussi que les modalités de l'opération soient clarifiées à l'issue de la journée, en préalable à un soutien « très robuste et opérationnel » de la communauté internationale, en argent, en équipement ou en formation.
La Finul a été créée le 19 mars 1978 par les résolutions 425 et 426 du Conseil de sécurité, pour confirmer le retrait des forces israéliennes du Sud-Liban, rétablir la paix et la sécurité internationales et aider le gouvernement libanais à y reprendre son autorité. À la mi-septembre 2026, l'armée israélienne occupait une partie du sud, et l'armée libanaise ne s'était pas encore déployée jusqu'à la frontière.
Une force chargée d'accompagner l'armée libanaise
La résolution 1701, adoptée le 11 août 2006, a ajouté de nouvelles tâches au mandat initial. Elle donne pour mission à la Finul de surveiller la cessation des hostilités, d'accompagner l'armée libanaise à mesure qu'elle se déploie au sud et que l'armée israélienne se retire, et de l'aider à prendre des mesures en vue d'établir, entre la Ligne bleue et le Litani, une zone exempte de tout personnel armé, matériel et armes autres que ceux de l'État libanais et de la Finul. Les Casques bleus sont autorisés à prendre toutes les mesures nécessaires pour que leur zone ne serve pas à des actes hostiles, mais seulement là où ils sont déployés et dans la mesure où la Finul le juge dans ses capacités. La Finul est aussi chargée de signaler les violations de la résolution 1701, selon sa page officielle.
Le désarmement du Hezbollah, lui, revient à l'armée libanaise, qui doit s'en charger malgré l'opposition du mouvement, selon l'AFP. L'agence décrit cette armée comme sous-payée et mal équipée, et la Finul comme un « témoin impuissant des violences dans le sud depuis 1978 ». Dans sa résolution 2790 d'août 2025, le Conseil de sécurité a de son côté pris note avec satisfaction des progrès de la Finul, depuis le 27 novembre 2024, dans la découverte de caches d'armes.
Le 18 avril 2026, le sergent-chef Florian Montorio, du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, a été tué dans une embuscade dans la région de Deir-Kifa, alors qu'il ouvrait la route vers un poste de la Finul que les combats coupaient du reste depuis plusieurs jours, selon la ministre des Armées, Catherine Vautrin. La Finul a dénoncé une attaque « délibérée », dont les auteurs étaient vraisemblablement, selon elle, membres du Hezbollah ; le mouvement a nié tout lien. Trois Casques bleus indonésiens avaient été tués à la fin du mois de mars. La force comptait alors près de 8 200 militaires de 47 pays, dont plus de 600 Français, selon l'AFP.
Une fin décidée en août 2025, un départ étalé sur 2027
Par la résolution 2790, adoptée le 28 août 2025, le Conseil de sécurité a prolongé le mandat pour une dernière fois, jusqu'au 31 décembre 2026. À cette date, la Finul doit cesser ses opérations et conduire, dans l'année qui suit, un retrait ordonné et sûr, avec pour but de faire du gouvernement libanais le seul garant de la sécurité dans le sud. Pendant ce retrait, elle est autorisée, dans la limite de ses capacités, notamment à assurer la sécurité du personnel, des convois et des installations des Nations unies, et à contribuer à la protection des civils ainsi qu'à la sécurité de l'acheminement de l'aide humanitaire, mené par des civils. Une phase de liquidation suivra, pendant laquelle une capacité de garde limitée restera sur place. La décision a été prise sous la pression des États-Unis, selon l'AFP.
Le même texte demandait au secrétaire général de l'ONU d'étudier, d'ici au 1er juin 2026, les options pour la mise en œuvre de la résolution 1701 après le départ de la Finul, y compris pour surveiller la Ligne bleue et soutenir le redéploiement de l'armée libanaise au sud du Litani par des outils des Nations unies. Le secrétaire général a présenté ces options dans une lettre du 1er juin 2026 : une présence de l'ONU d'environ 1 980, 3 370 ou 5 525 personnels en uniforme selon la formule retenue, alors que la Finul comptait 8 005 militaires au 20 juin, d'après le site spécialisé Security Council Report. La résolution 2790 appelait aussi la communauté internationale à intensifier son aide à cette armée, en équipement, en matériel et en argent.
Beyrouth cherche à éviter le vide
Selon l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous l'égide de Washington, Israël doit retirer ses forces du sud par étapes, et l'armée libanaise prendre le relais ; le texte prévoit aussi que le Hezbollah soit désarmé. Son application piétine, selon l'AFP, et le retrait israélien n'est pas achevé : Israël a fait savoir qu'il ne quitterait pas le sud avant la fin des menaces contre sa sécurité. Dans un entretien à l'AFP le 15 septembre, le président libanais Joseph Aoun s'est dit déterminé à désarmer le mouvement chiite, mais « sans confrontation ».
« L'essentiel, c'est qu'il n'y ait pas de vide », a-t-il dit ce jour-là, en réclamant après le départ des Casques bleus une nouvelle force, « temporaire, jusqu'à ce que l'armée soit en mesure de se déployer ». « Quelle que soit la nature de cette force, cela ne me pose aucun problème : européenne, non européenne, américaine, une autre force des Nations unies, asiatique, ou encore un mélange de forces européennes, arabes et asiatiques », a-t-il ajouté. La meilleure option, selon lui, resterait de proroger le mandat de la Finul. Le Liban l'avait déjà demandé par écrit : dans une lettre du 26 août au secrétaire général, il jugeait qu'une prolongation du dispositif actuel, pour une durée limitée, serait l'option la plus pratique, selon Security Council Report. En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre Nawaf Salam a plaidé pour une prolongation de six mois, selon le quotidien Arab News. Selon le quotidien Asharq Al-Awsat du 26 septembre, Washington avait bloqué la semaine précédente une proposition libanaise de prolongation de six mois, et les États-Unis ne semblaient pas prêts, au 1er octobre, à revenir sur la fin de la mission, d'après Security Council Report.
La France et l'Italie, qui fournissent avec l'Indonésie les trois plus gros contingents de la Finul selon l'ONU, ont lancé une initiative commune sur l'après-Finul. À Paris, le 17 septembre, Joseph Aoun a fait état de « progrès réalisés dans l'élaboration de propositions au Conseil de sécurité concernant l'avenir de la présence internationale dans le sud du Liban », selon la présidence libanaise.











