Aller au contenu principal

Agriculteurs :
4 centimes d'aide pour 60 centimes de surcharge

Le GNR frôle 2 €/L (+60 cts depuis le 28 février). Les engrais ont bondi de 50 %. Le gouvernement répond par une exonération de 4 centimes. La FNSEA parle d’« angoisse ». Les céréaliers imaginent des « solutions extrêmes ».

3 min
Moissonneuses-batteuses dans un champ de cereales illustrant la crise agricole du GNR et des engrais
Les agriculteurs francais font face a une double hausse du GNR (+60 cts) et des engrais (+50 %).© AFP / Silvio AVILA

Quatre centimes. C’est ce que le gouvernement offre aux agriculteurs pour compenser une hausse de soixante. Le ratio parle de lui-même.

Les faits : GNR et engrais, la double peine

Le GNR — le gazole non routier qui alimente tracteurs, moissonneuses et épandeurs — approche 2 € le litre. Depuis le début de la guerre en Iran le 28 février, la hausse est de 60 centimes par litre.

Les engrais suivent la même courbe. L’urée, le plus utilisé au monde, a bondi de 50 %. Près de la moitié de l’urée mondiale et 30 % de l’ammoniac transitent par Ormuz. La saison des semis a commencé — c’est maintenant qu’on épand, maintenant qu’on seme. Le timing est le pire possible.

« On sème, mais on ne sait pas si ce sera rentable », résume un céréalier d’Occitanie interrogé par France Bleu. « Ce n’est que le début de la crise », avertissent des exploitants bordelais sur France 3.

L’aide : 4 centimes, un mois, pas de structure

Le gouvernement a annoncé une exonération du droit d’accise sur le GNR agricole, limitée au mois d’avril 2026. Gain : environ 4 centimes par litre.

Les agriculteurs demandaient 30 centimes. La FNSEA qualifie les mesures de « clairement insuffisantes, partielles et sans ambition structurelle ». Le syndicat JA MAG évoque des « mesurettes ».

Pour une exploitation céréalière qui consomme 15 000 litres de GNR par an, le surcoût annuel est d’environ 9 000 €. L’aide d’avril représente 600 €. Pour un seul mois. Puis rien.

La double lame : GNR + engrais = +15 000 € par exploitation

En combinant la hausse du GNR (~9 000 €/an) et celle des engrais (~6 000 à 8 000 € selon l’exploitation), le surcoût total atteint 15 000 à 17 000 € par exploitation sur une campagne. Pour des exploitations dont le revenu moyen est de 30 000 à 40 000 €, c’est la moitié du revenu qui s’évapore.

Certains céréaliers évoquent déjà des « solutions extrêmes » : réduire les surfaces semées, supprimer un passage d’engrais, ne pas traiter. Chaque économie se paiera en rendement. Moins d’engrais = moins de récolte = moins de blé français = plus d’importations. La boucle est absurde.

Ce qui vient : le prix dans l’assiette

L’agriculture française est le premier maillon de la chaîne alimentaire. Si le coût de production augmente de 15 000 €, quelqu’un paiera. L’agriculteur, s’il absorbe — au risque du dépôt de bilan. Ou le consommateur, en bout de chaîne. Le lien entre Ormuz et votre assiette n’est pas métaphorique. Il est comptable.

L’« angoisse » évoquée par la FNSEA lors de son congrès le 2 avril n’est pas un effet de manche syndical. C’est le mot d’exploitants qui font leurs comptes de printemps et découvrent que la moisson ne couvrira pas les frais.

L'essentiel

  • Le GNR (gazole non routier) agricole frôle 2 €/L, soit +60 centimes depuis le 28 février
  • Les engrais (urée, ammoniac) ont augmenté de 50 % — 30 % transitent par Ormuz
  • L’aide gouvernementale : exonération de 4 centimes/litre sur le droit d’accise en avril
  • Les agriculteurs demandent 30 cts/L — ils obtiennent 4 cts. Ratio : 1 pour 7
  • La FNSEA alerte : des exploitations ne tiendront pas 12 à 18 mois

Questions fréquentes

Combien coûte la hausse du GNR aux agriculteurs français en 2026 ?
Avec une hausse de 60 centimes par litre depuis le 28 février, une exploitation céréalière consommant 15 000 litres de GNR par an supporte un surcoût d’environ 9 000 €. En ajoutant la hausse des engrais (+50 %), le surcoût total atteint 15 000 à 17 000 € par exploitation et par campagne.
Quelle aide le gouvernement accorde-t-il aux agriculteurs face à la hausse du GNR ?
Le gouvernement a annoncé une exonération du droit d’accise sur le GNR limitée au mois d’avril 2026, représentant une baisse d’environ 4 centimes par litre. Pour une exploitation consommant 15 000 L/an, cela représente ~600 € pour un mois, face à un surcoût annuel de ~9 000 €. Les syndicats agricoles demandaient 30 centimes par litre.

Partagez cet article

Plus d'actualités Économie

Voir tout

Newsletter Regards Actuels

L'essentiel, en profondeur. Chaque vendredi.

Gratuit · Désabonnement en un clic