Aller au contenu principal

Bill Gates et l'affaire Epstein :
ce que cherche la commission du Congrès américain

Le 10 juin 2026, Bill Gates a été entendu à huis clos par la commission du Congrès américain qui enquête sur l'affaire Epstein. Le cofondateur de Microsoft, qui reconnaît une « énorme erreur » dans sa fréquentation du financier, affirme n'avoir « rien fait d'illégal ».

3 min
Bill Gates, cofondateur de Microsoft, lors d'une prise de parole publique
Bill Gates au forum de Davos, le 21 janvier 2026 (photo d'archive).© Fabrice Coffrini / AFP

Bill Gates s'est présenté mercredi 10 juin au Capitole, à huis clos, devant la commission de la Chambre des représentants qui enquête sur l'affaire Jeffrey Epstein. Le cofondateur de Microsoft y était attendu sur un seul sujet : son amitié passée avec le financier, criminel sexuel mort en prison en 2019. Par la voix de son porte-parole, il avait fait savoir qu'il « se réjouit de l'opportunité » de répondre.

Un rappel s'impose d'emblée. Être nommé dans les documents Epstein ne vaut pas accusation. Bill Gates n'est visé par aucune poursuite, et il assure n'avoir « rien fait d'illégal ».

Une relation nouée après la condamnation d'Epstein

Le calendrier, à lui seul, intrigue. Selon ses propres déclarations, Bill Gates a commencé à fréquenter Epstein en 2011 — soit trois ans après que le financier eut plaidé coupable, en Floride, pour des faits de prostitution impliquant des mineures. Après, donc, que ses crimes furent connus.

Fin février, devant les responsables de sa fondation, Gates a qualifié ces années d'« énorme erreur », selon un enregistrement obtenu par le Wall Street Journal : l'erreur d'avoir « passé du temps avec Epstein » et de l'avoir convié à des réunions de la fondation. Dans la foulée, il a reconnu des relations extraconjugales avec deux femmes russes, tout en niant la moindre implication dans les agissements du financier. « Je n'ai rien fait d'illégal. Je n'ai rien vu d'illégal. »

Ce que disent les documents du dossier

L'audition fait suite à la publication, par le département de la Justice, de millions de pages tirées du dossier Epstein. Parmi elles, un brouillon de courriel attribué au financier évoque les relations extraconjugales de Gates : Epstein s'y targue de l'avoir aidé à se procurer des médicaments pour, écrit-il, « remédier aux conséquences de relations sexuelles avec des filles russes ». La prudence s'impose sur ce document. Le message ne semble jamais avoir été envoyé, son authenticité n'est pas établie, pas plus que le sens exact de ses allusions. Bill Gates a par ailleurs reconnu des relations extraconjugales avec deux femmes russes, sans jamais les présenter comme illégales. Ces pièces dessinent des liens, pas des délits — une nuance que la commission elle-même prend soin de rappeler.

Avant Gates, Clinton et deux ministres

Le milliardaire n'ouvre pas le bal. L'ancien président démocrate Bill Clinton a déjà été entendu : il a juré n'avoir eu « aucune idée des crimes » de son ancien ami. Howard Lutnick, l'actuel ministre du Commerce, est passé lui aussi devant la commission. Et fin mai, l'ex-ministre de la Justice Pam Bondi y a défendu la manière dont le gouvernement de Donald Trump a géré ce dossier explosif.

Qui était Jeffrey Epstein

Financier aux carnets d'adresses planétaires, Jeffrey Epstein est mort dans sa cellule en 2019 — un suicide, selon les autorités — avant d'être jugé pour crimes sexuels. Il lui était notamment reproché d'avoir fait venir des mineures sur l'île qu'il possédait dans les îles Vierges américaines, surnommée « Epstein Island », pour les exploiter. Près de sept ans après sa mort, son réseau continue d'alimenter enquêtes et soupçons des deux côtés de l'Atlantique : en France, le parquet de Paris mène la sienne, détaillée dans notre suivi de l'affaire Epstein en France.

La suite de l'enquête

Les auditions se tiennent à huis clos et ne débouchent pas forcément sur des poursuites : la commission cherche d'abord à cartographier l'entourage d'Epstein et à comprendre comment son système a tenu si longtemps. D'autres noms cités dans les documents pourraient être convoqués. Pour Gates comme pour les autres personnes entendues, rien n'est retenu à ce stade. La présomption d'innocence reste entière.

L'essentiel

  • Bill Gates a été entendu le 10 juin, à huis clos, par une commission de la Chambre des représentants des États-Unis qui enquête sur l'affaire Jeffrey Epstein.
  • Le cofondateur de Microsoft, qui n'est visé par aucune poursuite, qualifie sa fréquentation d'Epstein d'« énorme erreur » mais affirme n'avoir « rien fait d'illégal ».
  • Selon lui, la relation a commencé en 2011, trois ans après qu'Epstein eut plaidé coupable pour des faits de prostitution impliquant des mineures.
  • La commission a déjà auditionné l'ex-président Bill Clinton, le ministre du Commerce Howard Lutnick et l'ancienne ministre de la Justice Pam Bondi.
  • La simple mention d'un nom dans les documents du dossier Epstein ne suppose, en soi, aucun acte répréhensible : la présomption d'innocence reste entière.

Questions fréquentes

Pourquoi Bill Gates est-il auditionné dans l'affaire Epstein ?
Une commission de la Chambre des représentants des États-Unis enquête sur l'entourage de Jeffrey Epstein. Elle a convoqué Bill Gates pour l'interroger sur ses liens d'amitié passés avec le financier, que le cofondateur de Microsoft a lui-même qualifiés d'« énorme erreur ».
Bill Gates est-il accusé d'un crime ?
Non. Bill Gates n'est visé par aucune poursuite et affirme n'avoir « rien fait d'illégal ». La simple mention d'un nom dans les documents du dossier Epstein ne suppose, en soi, aucun acte répréhensible ; la présomption d'innocence s'applique.
Quand Bill Gates a-t-il connu Jeffrey Epstein ?
Selon ses propres déclarations, leur relation a commencé en 2011, soit trois ans après qu'Epstein eut plaidé coupable en Floride pour des faits de prostitution impliquant des mineures. Gates a reconnu avoir convié des dirigeants de sa fondation à des réunions avec le financier.
Qui d'autre a été entendu par la commission du Congrès ?
L'ancien président démocrate Bill Clinton, qui a assuré n'avoir eu « aucune idée des crimes » d'Epstein, le ministre du Commerce Howard Lutnick, et l'ancienne ministre de la Justice Pam Bondi, qui avait défendu la gestion du dossier par le gouvernement Trump.
Qui était Jeffrey Epstein ?
Jeffrey Epstein était un financier américain mort en prison en 2019, avant son procès pour crimes sexuels. Il était notamment accusé d'avoir fait venir des mineures sur l'île qu'il possédait dans les îles Vierges américaines, à des fins de trafic sexuel.

Thomas Renaud

Partagez cet article

Plus d'actualités Monde

Voir tout

La synthèse de la semaine

Chaque vendredi : l'essentiel des 7 derniers jours et les signaux à suivre pour les 7 prochains.

Gratuit · 1 email/semaine · Désabonnement en un clic