L'annonce est tombée en pleine nuit, sur le réseau Truth Social. Le « Conseil de paix » créé pour la reconstruction de Gaza « a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza », a écrit Donald Trump dans la nuit du 30 au 31 juillet, deux jours après avoir reçu Benjamin Netanyahu à Washington. Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé « concernant la question des armes » et « un retrait progressif » des forces israéliennes, qui contrôlent plus de 60 % du territoire.
« Inacceptable pour Israël », a réagi le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir, pour qui cesser les combats « revient à accepter que le Hamas prépare le prochain massacre ». Une source politique israélienne a posé la ligne du gouvernement : « aucun retrait » sans « véritable désarmement ». Depuis Camp David, Donald Trump a défendu l'accord devant les journalistes : « On a une entente avec Israël. Israël en est très content. Israël nous a aidés et s'est montré très coopératif à cet égard. »

Des armes remises à un comité qui ne peut pas entrer
L'accord s'inscrit dans la deuxième phase du plan américain, engagée après le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, il y a plus de neuf mois. Elle prévoit le désarmement des groupes palestiniens, un retrait israélien par étapes et le déploiement d'une Force internationale de stabilisation, appelée à travailler avec une nouvelle police palestinienne. Selon un négociateur du Hamas, Ghazi Hamad, les armes seront remises au Comité national pour l'administration de Gaza, cette instance de technocrates à laquelle le Hamas a déjà promis les clés du territoire. « Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza », a précisé un responsable du mouvement à l'AFP.
Ce comité, basé en Égypte, reste pourtant empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza. Les médiateurs — Égypte, États-Unis, Qatar et Turquie — doivent se réunir prochainement au Caire pour les modalités d'application, a rapporté la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Pour la spécialiste du Hamas Leïla Seurat, le mouvement cherche à « forcer la mise en œuvre de l'accord » : « Ce qui les intéresse, c'est surtout de mettre les médiateurs face à leurs responsabilités, de dire : nous faisons notre part de ce qui était convenu et Israël ne fait rien. » Au « Conseil de paix », le haut représentant pour Gaza Nikolaï Mladenov, qui évoque des « mois de très difficiles négociations », soutient que « le retrait doit aller de pair avec le désarmement ». Muhammad Shehada, chercheur au Conseil européen des relations internationales, en doute : à l'approche des législatives israéliennes d'octobre, autoriser un retrait ou une reconstruction « reviendrait à un suicide politique » pour Benjamin Netanyahu. Le schéma rappelle l'accord-cadre conclu au Liban autour du désarmement du Hezbollah.
À Gaza, entre soulagement et méfiance
Dans le territoire surpeuplé, où la crise humanitaire reste profonde, les habitants oscillent. Israël « ne respecte pas les accords », « ils trouveront quelque chose » pour reprendre les combats, prédit Ahmed Aal, chauffeur de taxi de 37 ans, interrogé par l'AFP. Mohammed Hamdouna, enseignant déplacé, veut tourner la page : « Enfin, le Hamas a accepté de remettre ses armes après que Gaza a été détruite. Le peuple a payé le prix du sang. Le Hamas ne devrait absolument plus avoir aucun rôle à Gaza. »

La guerre déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a fait plus de 73 300 morts dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. Le cessez-le-feu n'a jamais entièrement éteint les violences : la veille de l'annonce, des frappes israéliennes y faisaient encore au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.











