Le baril à trois chiffres n'a pas fait dévier Francfort. La Banque centrale européenne (BCE) a laissé l'ensemble de ses taux d'intérêt inchangés — le taux de dépôt, qui sert de référence pour l'économie, reste à 2,25 % —, alors même que la guerre au Moyen-Orient s'étend et que les prix de l'énergie repartent. Le jour de la décision, jeudi 23 juillet, le Brent a brièvement touché les 100 dollars, dopé par l'extension du conflit à la mer Rouge.
Une pause unanime, des gouverneurs tentés par la hausse
Dans son communiqué, l'institution estime que « l'incertitude » demeure « élevée ». Après la hausse surprise de juin — la première depuis 2023 —, la banque centrale marque donc une pause. Une pause « unanime », a assuré sa présidente Christine Lagarde devant la presse, mais qui n'allait pas de soi : « certains gouverneurs » du Conseil « se sont demandés s'il ne fallait pas envisager une augmentation ». Le cap pour la suite est posé sans détour : les prochaines décisions seront « basées sur notre évaluation des perspectives d'inflation ».
Le choc énergétique, l'inconnue qui commande la suite
C'est bien la guerre qui occupe l'horizon de la banque centrale. Christine Lagarde a jugé « alarmante » l'extension du conflit à la mer Rouge, où les rebelles houthis ont revendiqué des attaques contre des pétroliers saoudiens : « Nous voyons ça au prix du Brent, qui évolue d'heure en heure », a-t-elle relevé. Et si le conflit se prolonge, prévient-elle, l'inflation pourrait être « plus élevée que prévu » : « le choc énergétique pourrait s'intensifier, et ses effets sur les prix et les salaires pourraient être plus forts que prévu ».
Ce que le statu quo change pour votre épargne
Pour l'épargnant, la décision fige le paysage. Les placements bancaires dont la rémunération suit les taux de la BCE — livrets ordinaires, comptes à terme — restent calés sur un taux de référence de 2,25 %, et notre simulateur d'épargne permet de mesurer ce que ces niveaux rapportent réellement selon les montants. L'épargne réglementée, elle, obéit à son propre calendrier : les taux du Livret A et de ses cousins sont fixés par une formule qui a déjà rendu son verdict pour l'échéance en cours. Quant au crédit, la banque centrale n'a envoyé aucun signal de détente : tout dépendra, là encore, de la trajectoire des prix.
Le communiqué de Francfort le reconnaît d'ailleurs sobrement : l'impact inflationniste complet du choc énergétique doit « encore se matérialiser ».











