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Assurance-vie :
comment fonctionne sa fiscalité, du rachat à la succession

L'assurance-vie bénéficie d'une fiscalité avantageuse, mais à géométrie variable. Selon l'ancienneté du contrat, l'âge des versements et le bénéficiaire, l'imposition d'un rachat ou d'une transmission change du tout au tout. Le point sur les règles.

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Illustration sur l'épargne et les placements financiers
L'assurance-vie reste le placement préféré des Français (photo d'illustration).© Hans Lucas / AFP

L'assurance-vie est le placement préféré des Français, avec des encours qui dépassent largement ceux du Livret A. Une bonne partie de son attrait tient à sa fiscalité, réputée douce. Elle n'est pourtant ni uniforme ni automatique : tout dépend de ce que l'on fait du contrat — un retrait de son vivant, ou une transmission au décès — et de quelques seuils à connaître.

L'imposition en cas de rachat

Tant que l'argent reste sur le contrat, il n'est pas imposé : on ne paie qu'au moment d'un rachat, total ou partiel. Et seuls les gains (intérêts et plus-values) sont taxés, jamais la part correspondant aux sommes versées. Deux éléments fixent alors la note : l'ancienneté du contrat et le montant des versements.

Pour un contrat de moins de huit ans, les gains issus des versements réalisés depuis le 27 septembre 2017 supportent un prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 % — soit 30 % au total. Le souscripteur peut, s'il y trouve intérêt, opter pour le barème de l'impôt sur le revenu en cochant la case 2OP de sa déclaration.

Après huit ans, l'assurance-vie déploie son principal avantage. Les gains profitent d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé : en deçà, aucun impôt sur le revenu n'est dû (les prélèvements sociaux, eux, restent prélevés). Au-delà de l'abattement, le taux tombe à 7,5 % tant que l'ensemble des primes versées ne dépasse pas 150 000 €, et demeure à 12,8 % pour la fraction supérieure. Un contrat de plus de huit ans permet ainsi, bien souvent, de récupérer ses gains en payant peu, voire pas, d'impôt sur le revenu.

La transmission au décès, hors succession classique

C'est l'autre force de l'assurance-vie : au décès de l'assuré, le capital n'entre pas, en principe, dans la succession. Il revient directement aux bénéficiaires désignés dans le contrat, selon des règles propres, généralement plus douces que les droits de succession. Le critère décisif est l'âge de l'assuré au moment des versements.

Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, la part transmise est taxée à 20 % jusqu'à 700 000 €, puis à 31,25 %. Cet abattement s'apprécie par bénéficiaire : il permet de transmettre des montants importants à plusieurs personnes en limitant la facture.

Pour les primes versées après 70 ans, la logique change. L'abattement n'est plus que de 30 500 €, et il est global — partagé entre tous les bénéficiaires, tous contrats confondus. Au-delà, les sommes sont soumises aux droits de succession ordinaires, calculés selon le lien de parenté. Seules les primes sont concernées : les intérêts et plus-values qu'elles ont produits restent, eux, exonérés.

Un cas échappe à toute taxation : le conjoint survivant et le partenaire de Pacs bénéficiaires sont totalement exonérés, comme ils le sont déjà pour les droits de succession. Le capital leur revient sans aucun prélèvement.

Trois points à garder en tête

Quelques principes découlent de ces règles. D'abord, l'ancienneté compte : un contrat ouvert tôt, même avec de petits versements, prend date et fait courir le délai de huit ans. Ensuite, le cap des 70 ans constitue une frontière nette pour la transmission, d'où l'intérêt d'anticiper les versements les plus importants. Enfin, la clause bénéficiaire mérite d'être rédigée avec soin : c'est elle qui détermine qui reçoit le capital, et donc quel régime s'applique.

Pour les situations les plus complexes — gros patrimoines, familles recomposées, contrats anciens —, un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine reste le meilleur interlocuteur. Le détail des règles et des cas particuliers est consultable sur le site de l'administration fiscale, impots.gouv.fr, et sur service-public.gouv.fr.

L'essentiel

  • Sur un rachat, seuls les gains sont taxés : 12,8 % (plus 17,2 % de prélèvements sociaux) avant huit ans ; après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) puis un taux réduit de 7,5 %.
  • Au décès, le capital échappe en principe à la succession : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, contre un abattement global de 30 500 € pour celles versées après.
  • Le conjoint survivant ou le partenaire de Pacs bénéficiaire est totalement exonéré.

Questions fréquentes

Comment est imposé un rachat sur une assurance-vie ?
Seuls les gains sont taxés, pas le capital versé. Pour un contrat de moins de huit ans, les gains subissent un prélèvement forfaitaire de 12,8 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans, un abattement annuel (4 600 € seul, 9 200 € en couple) s'applique, puis un taux de 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes versées.
Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans ?
Après huit ans, les gains retirés bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé. Au-delà, le taux d'imposition est de 7,5 % tant que les primes versées ne dépassent pas 150 000 €, puis de 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
L'assurance-vie entre-t-elle dans la succession ?
En principe non : au décès, le capital revient directement aux bénéficiaires désignés, en dehors de la succession, selon des règles fiscales propres. Des exceptions existent, notamment pour les primes jugées manifestement exagérées au regard des revenus du souscripteur.
Comment l'assurance-vie est-elle transmise au décès ?
Tout dépend de l'âge de l'assuré lors des versements. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, puis d'une taxation à 20 % (31,25 % au-delà de 700 000 €). Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement global tombe à 30 500 €, l'excédent étant soumis aux droits de succession ; les gains, eux, restent exonérés.
Le conjoint paie-t-il des droits sur l'assurance-vie ?
Non. Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs désignés comme bénéficiaires sont totalement exonérés, quel que soit le montant transmis, comme ils le sont pour les droits de succession.

Antoine Lefebvre

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