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Brent à 109 $ et marchés fermés :
pourquoi lundi sera explosif

Les cours du pétrole ont bondi de 8 % jeudi avant trois jours de fermeture pascale. Missiles sur Tel-Aviv, vote ONU reporté, menaces croisées : tout s’accumulera à la réouverture lundi matin.

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Le Brent a bondi de 8 % jeudi 2 avril 2026, avant trois jours de fermeture pascale.© AFP / Ina FASSBENDER

Jeudi 2 avril, dernière séance avant Pâques. Le Brent de la mer du Nord a terminé en hausse de 7,8 % à 109,03 dollars le baril. C’est le plus haut niveau atteint depuis le début du conflit le 28 février. Et les marchés ferment pour trois jours.

Signal : le rebond de jeudi n’est pas technique, il est politique

Ce qui a fait bondir les cours jeudi soir, c’est le discours de Trump mercredi : « encore deux à trois semaines » de frappes pour renvoyer l’Iran « à l’âge de pierre ». L’armée iranienne a répondu en promettant des opérations « dévastatrices ». Menaces croisées. Zéro désescalade.

Le bref passage sous les 100 $ de la semaine précédente, quand l’Iran avait entrouvert Ormuz aux navires « non hostiles », est déjà oublié. Le marché a rappris le prix du risque.

Preuves : ce qui s’accumule pendant la fermeture

Entre vendredi et dimanche, voici ce que les marchés devront digerer lundi matin :

1. Missiles iraniens sur Tel-Aviv et Eilat — lancés ce vendredi 3 avril. Pas de victimes signalées, mais une gare endommagée. L’Iran montre qu’il frappe malgré les menaces.

2. Trump menace ponts et centrales électriques — « Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques ! » a-t-il écrit sur Truth Social. Après avoir détruit un pont près de Téhéran jeudi.

3. Le vote ONU sur Ormuz reporté — aucune date de reprogrammation. Le détroit reste verrouillé juridiquement et militairement.

4. Raffinerie koweïtienne en feu — attaque iranienne vendredi matin sur le Koweït, sirènes à Bahreïn. Le Golfe reste un champ de bataille.

5. Ultimatum Trump Kharg : deadline 6 avril — Trump a fixé au lundi 6 avril 20h (heure de Washington) la reprise des destructions d’infrastructures énergétiques si Ormuz n’est pas rouvert. C’est le jour même de la réouverture des marchés.

Ce qui vient : le gap d’ouverture de lundi

Quand les marchés rouvrent après un week-end de tensions, la première minute est brutale. C’est le « gap d’ouverture » : l’écart entre le dernier cours de clôture et le premier cours du jour.

Précédent récent : le 2 mars 2026, après le début des frappes un vendredi soir, le Brent avait ouvert en hausse de 11 % le lundi suivant. Le contexte de ce lundi 6 avril est comparable — sinon pire, puisque l’ultimatum Kharg expire le même jour.

Un gap de 3 à 8 % est plausible. Ce qui placerait le Brent entre 112 et 118 dollars.

Ce que cela signifie pour les automobilistes français

Le prix à la pompe suit le Brent avec 10 à 15 jours de décalage. Un Brent à 115 $ se traduira par un gazole à 2,30-2,35 €/L d’ici mi-avril. À 118 $, on dépasse 2,40 €.

Avec la fin du plafond TotalEnergies le 7 avril, les 10 % de stations déjà à sec et les départs de vacances de zone A, la semaine du 6 avril s’annonce comme la plus tendue depuis le début du conflit.

Les marchés ne dorment pas pendant Pâques. Ils accumulent.

L'essentiel

  • Le Brent a clôturé à 109,03 $ jeudi 2 avril (+7,8 %), plus haut depuis le début du conflit
  • Les marchés pétroliers sont fermés vendredi, samedi et dimanche pour Pâques
  • Trois jours d’actualité géopolitique s’accumuleront sans soupape de décompression
  • Le vote ONU sur Ormuz a été reporté et l’Iran a tiré des missiles sur Tel-Aviv ce vendredi
  • Un gap d’ouverture de 3 à 8 % est plausible lundi matin selon les précédents

Questions fréquentes

Pourquoi les marchés pétroliers sont-ils fermés pendant Pâques 2026 ?
Les principales bourses pétrolières (ICE à Londres, NYMEX à New York) ferment pour le Vendredi saint et le lundi de Pâques. En 2026, cela crée une pause de trois jours complets (vendredi 3 au dimanche 5 avril) pendant lesquels aucune transaction n’est possible, mais l’actualité géopolitique continue de s’accumuler.
À combien pourrait monter le Brent après Pâques ?
En se basant sur le précédent du 2 mars (gap de +11 % après un week-end de frappes), et compte tenu de l’accumulation de tensions (missiles sur Tel-Aviv, vote ONU reporté, raffinerie koweïtienne en feu, ultimatum Kharg le 6 avril), un gap d’ouverture de 3 à 8 % est plausible. Le Brent pourrait atteindre 112 à 118 dollars lundi matin.
Quel impact sur les prix à la pompe en France après Pâques ?
Le prix à la pompe suit le Brent avec 10 à 15 jours de décalage. Un Brent à 115 $ se traduirait par un gazole autour de 2,30-2,35 €/L mi-avril. Combiné à la fin du plafond TotalEnergies le 7 avril, l’impact sera double : les stations TotalEnergies s’aligneront sur les prix du marché au moment où ces prix montent.

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