Jeudi 2 avril, dernière séance avant Pâques. Le Brent de la mer du Nord a terminé en hausse de 7,8 % à 109,03 dollars le baril. C’est le plus haut niveau atteint depuis le début du conflit le 28 février. Et les marchés ferment pour trois jours.
Signal : le rebond de jeudi n’est pas technique, il est politique
Ce qui a fait bondir les cours jeudi soir, c’est le discours de Trump mercredi : « encore deux à trois semaines » de frappes pour renvoyer l’Iran « à l’âge de pierre ». L’armée iranienne a répondu en promettant des opérations « dévastatrices ». Menaces croisées. Zéro désescalade.
Le bref passage sous les 100 $ de la semaine précédente, quand l’Iran avait entrouvert Ormuz aux navires « non hostiles », est déjà oublié. Le marché a rappris le prix du risque.
Preuves : ce qui s’accumule pendant la fermeture
Entre vendredi et dimanche, voici ce que les marchés devront digerer lundi matin :
1. Missiles iraniens sur Tel-Aviv et Eilat — lancés ce vendredi 3 avril. Pas de victimes signalées, mais une gare endommagée. L’Iran montre qu’il frappe malgré les menaces.
2. Trump menace ponts et centrales électriques — « Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques ! » a-t-il écrit sur Truth Social. Après avoir détruit un pont près de Téhéran jeudi.
3. Le vote ONU sur Ormuz reporté — aucune date de reprogrammation. Le détroit reste verrouillé juridiquement et militairement.
4. Raffinerie koweïtienne en feu — attaque iranienne vendredi matin sur le Koweït, sirènes à Bahreïn. Le Golfe reste un champ de bataille.
5. Ultimatum Trump Kharg : deadline 6 avril — Trump a fixé au lundi 6 avril 20h (heure de Washington) la reprise des destructions d’infrastructures énergétiques si Ormuz n’est pas rouvert. C’est le jour même de la réouverture des marchés.
Ce qui vient : le gap d’ouverture de lundi
Quand les marchés rouvrent après un week-end de tensions, la première minute est brutale. C’est le « gap d’ouverture » : l’écart entre le dernier cours de clôture et le premier cours du jour.
Précédent récent : le 2 mars 2026, après le début des frappes un vendredi soir, le Brent avait ouvert en hausse de 11 % le lundi suivant. Le contexte de ce lundi 6 avril est comparable — sinon pire, puisque l’ultimatum Kharg expire le même jour.
Un gap de 3 à 8 % est plausible. Ce qui placerait le Brent entre 112 et 118 dollars.
Ce que cela signifie pour les automobilistes français
Le prix à la pompe suit le Brent avec 10 à 15 jours de décalage. Un Brent à 115 $ se traduira par un gazole à 2,30-2,35 €/L d’ici mi-avril. À 118 $, on dépasse 2,40 €.
Avec la fin du plafond TotalEnergies le 7 avril, les 10 % de stations déjà à sec et les départs de vacances de zone A, la semaine du 6 avril s’annonce comme la plus tendue depuis le début du conflit.
Les marchés ne dorment pas pendant Pâques. Ils accumulent.











