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Vote ONU sur Ormuz reporté :
pourquoi le monde ne s'accorde pas

Quarante pays réclament la réouverture du détroit. Mais le Conseil de sécurité est loin du consensus. Le vote porté par Bahreïn a été reporté vendredi. L’Iran prévient : Ormuz restera fermé aux pays « hostiles ».

3 min
Seance du Conseil de securite des Nations unies sur la crise du detroit d'Ormuz en mars 2026
Le vote sur la reouverture du detroit d'Ormuz a ete reporte vendredi 3 avril 2026.© Michael M. SANTIAGO / Getty Images via AFP

Le vote devait avoir lieu vendredi 3 avril. Il n’a pas eu lieu. Au Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le projet de résolution porté depuis une dizaine de jours par Bahreïn — qui autorisait l’usage de la force pour libérer le détroit d’Ormuz — a été reporté sans nouvelle date.

Ce que demandait la résolution

Le texte, cosigné par une quarantaine de pays, accusait l’Iran de « prendre en otage l’économie mondiale » en maintenant le quasi-blocage du détroit d’Ormuz, par où transitent normalement 20 % du pétrole et du GNL mondiaux. Il réclamait la « réouverture immédiate et inconditionnelle » du passage et autorisait, en cas de refus, le recours à la force au titre du chapitre VII de la Charte des Nations unies.

L’armée iranienne a répondu avant même le vote : le détroit « restera fermé aux pays jugés hostiles ».

Pourquoi le Conseil n’a pas voté

Trois verrous empêchent le consensus.

Le veto russe et chinois. La Russie et la Chine, membres permanents, n’ont aucun intérêt à autoriser une intervention navale dans le Golfe. La Chine, qui négocie discrètement avec Téhéran le passage de ses tankers, préfère le statu quo. Moscou défend un allié stratégique. Double veto probable.

L’Europe divisée. La France et le Royaume-Uni soutiennent le principe d’une réouverture mais hésitent sur l’usage de la force. L’Europe tente de monter sa propre coalition navale, indépendante de Washington, pour ne pas être entraînée dans une escalade américaine.

Les non-alignés. L’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud — qui dépendent du pétrole du Golfe mais refusent l’interventionnisme occidental — ne veulent pas choisir de camp. Le Sud global est pris entre deux feux : la hausse du brut l’étrangle, mais une résolution musclée légitimerait la guerre américano-israélienne qu’il désapprouve.

Ce que cela signifie pour les prix

Tant qu’Ormuz reste fermé aux pays « hostiles », le marché pétrolier fonctionne en mode crise. Le Brent a terminé la séance de jeudi en hausse de près de 8 %, à 109,03 dollars. Les marchés sont fermés jusqu’à lundi pour Pâques — trois jours pendant lesquels les tensions s’accumuleront sans soupape.

Le scénario d’un Ormuz durablement fermé n’est plus une hypothèse. C’est la réalité que l’ONU n’arrive pas à dénouer. Les prix à la pompe en France en sont le reflet quotidien.

La suite

Aucune nouvelle date de vote n’a été fixée. La fenêtre diplomatique reste ouverte, mais chaque jour sans résolution renforce la position de facto de Téhéran : Ormuz est son arme de négociation, et personne n’a trouvé comment la lui retirer sans déclencher une autre guerre dans la guerre.

Quarante pays demandent. Deux bloquent. Et le pétrole reste derrière le mur.

L'essentiel

  • Le vote ONU sur la réouverture d’Ormuz, prévu vendredi 3 avril, a été reporté
  • Bahreïn porte un projet de résolution autorisant l’usage de la force
  • 40 pays plaident pour une réouverture « immédiate et inconditionnelle »
  • L’Iran prévient que le détroit restera fermé aux pays jugés hostiles
  • Le Brent a terminé jeudi à 109,03 $ (+8 %) avant 3 jours de marchés fermés

Questions fréquentes

Pourquoi le vote ONU sur le détroit d’Ormuz a-t-il été reporté ?
Le Conseil de sécurité est loin d’un consensus. La Russie et la Chine, membres permanents avec droit de veto, s’opposent à une résolution autorisant l’usage de la force. L’Europe est divisée sur les moyens. Les pays du Sud global refusent de légitimer l’intervention américano-israélienne tout en subissant la flambée des cours du pétrole.
Quelles conséquences concrètes pour la France si Ormuz reste bloqué ?
La France importe 51 % de son gazole, dont 29 % du Proche-Orient. Tant qu’Ormuz est fermé, les cours restent élevés (Brent à 109 $), les carburants augmentent, 10 % des stations sont en rupture et les prix en rayon montent via le surcoût transport. Le gaz naturel et les matières plastiques sont également touchés.

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