Une voiture neuve vendue sur cinq dans le monde était électrique en 2024. Une sur quatre en 2025. Cette année, l'Agence internationale de l'énergie en attend près d'une sur trois : dans un rapport publié le 30 juillet, l'AIE porte à 29 % sa prévision de part de marché mondiale de l'électrique, contre 28 % estimés en mai, soit environ 23 millions de véhicules, en hausse d'environ 10 % sur un an.
Cette accélération se nourrit d'une crise. La flambée des prix des carburants provoquée par le conflit au Moyen-Orient « ramène la volatilité des cours des carburants au premier plan », relève l'AIE, et oriente les acheteurs vers l'électrique. Les ventes ont rebondi de 4 % au deuxième trimestre, à 5 millions d'unités, après un début d'année en retrait ; sur l'ensemble du premier semestre, le repli se limite à environ 1 %, avec plus de 9 millions de voitures écoulées, selon le même rapport.
Où les ventes de voitures électriques accélèrent
L'Europe, où les dispositifs de soutien restent nombreux, signe la plus forte progression : + 30 % au premier semestre par rapport à la même période un an plus tôt. L'Allemagne compte 140 000 ventes électriques de plus qu'un an plus tôt, le Royaume-Uni 100 000 et la France 95 000, dans un pays où le leasing social ouvre l'électrique aux ménages modestes. Les ventes ont presque doublé sur des marchés déjà bien installés comme l'Australie, le Brésil, la Corée du Sud, l'Inde et le Vietnam.
Les États-Unis font exception. Après la disparition d'un crédit d'impôt fédéral, les ventes y ont reculé en janvier et février, avant de repartir au printemps, sans retrouver leur niveau de l'an passé. En Chine enfin, l'électrique bat un record de part de marché, à plus de 60 % des voitures neuves, mais les volumes devraient stagner autour de 13,2 millions d'unités, une première depuis dix ans, estime l'AIE.
Un marché automobile mondial en berne
Toutes motorisations confondues, les ventes de voitures neuves ont chuté de 20 % en Chine et de plus de 3 % aux États-Unis au premier semestre, les deux premiers marchés mondiaux étant pénalisés par la conjoncture, les carburants chers et des aides publiques moins favorables. Pour l'ensemble de l'année, l'AIE s'attend à ce que « 2026 enregistre une baisse par rapport à 2025 ». En France, le secteur affronte ses propres turbulences, de la fin annoncée de la production à Poissy aux arbitrages des constructeurs entre thermique et électrique.
Tant que le litre de gazole se maintient au-dessus de deux euros dans la quasi-totalité des stations françaises, l'écart de coût au kilomètre travaille pour la prise. C'est l'un des ressorts sur lesquels l'AIE assoit sa prévision.











