- L'AFP révèle mardi 14 avril qu'un double attentat-suicide a eu lieu la veille à Blida, à 40 km d'Alger, pendant la visite du pape
- L'information n'avait pas filtré lundi — aucune communication officielle algérienne en 24 heures
- L'Union africaine a publié puis retiré un communiqué, précisant que l'information « n'a pas été corroborée par des sources officielles »
- Premier attentat sur le sol algérien depuis la prise d'otages d'In Amenas en janvier 2013
L'information n'est tombée que ce mardi 14 avril, à la mi-journée. Selon l'AFP, citant une source occidentale informée du dossier et des images authentifiées par l'agence, un double attentat-suicide a eu lieu la veille — lundi 13 avril, en début d'après-midi — dans le centre de Blida, ville de 200 000 habitants située à une quarantaine de kilomètres au sud d'Alger.
Lundi, pendant que le pape Léon XIV effectuait sa visite historique à Alger — premier souverain pontife à fouler le sol algérien —, rien n'avait filtré. Aucune alerte, aucun communiqué officiel, aucune mention dans les médias algériens. Vingt-quatre heures de silence total avant que l'AFP ne publie sa dépêche.
Ce que les sources décrivent
Selon les éléments recueillis par l'AFP et plusieurs médias internationaux, deux individus portant des ceintures explosives se sont fait exploser devant le commissariat central de Blida. Les forces de sécurité algériennes auraient ouvert le feu sur les assaillants avant qu'ils n'atteignent leur cible, sans empêcher la détonation.
Une seconde explosion a été signalée à proximité d'une unité industrielle agroalimentaire dans la même zone. Les bilans divergent selon les sources : certaines évoquent deux policiers tués et plusieurs blessés, d'autres des blessés uniquement. L'absence de communication officielle algérienne rend toute confirmation impossible.
Le Vatican a réagi en confirmant le maintien intégral de la visite du pape en Algérie, déclarant que « renoncer face à la terreur n'était pas une option ». Mardi, Léon XIV a poursuivi son programme à Annaba, sur les traces de saint Augustin.
L'Union africaine publie, puis rétracte
La Commission de l'Union africaine a d'abord publié un communiqué condamnant un « incident terroriste » à Blida. Le texte a ensuite été retiré. Dans une déclaration écrite à l'AFP, le porte-parole Nuur Mohamud Sheekh a souhaité « retirer formellement le communiqué publié plus tôt, relatif à un supposé incident terroriste en Algérie », précisant que « cette information n'a pas été corroborée par des sources officielles ».
La rétractation ne signifie pas que l'événement n'a pas eu lieu. Elle signifie que l'UA ne dispose pas de confirmation officielle algérienne. La séquence — publication, retrait, justification — illustre la confusion informationnelle autour de l'incident.
Blida, le retour d'un spectre
Si les faits rapportés par l'AFP sont confirmés, il s'agirait du premier attentat sur le sol algérien depuis la prise d'otages d'In Amenas en janvier 2013 — plus de treize ans.
Blida n'est pas une ville anodine dans l'histoire du terrorisme algérien. Pendant la décennie noire (1992-2002), la ville et sa région faisaient partie des bastions du Groupe islamique armé (GIA), l'organisation responsable des massacres les plus meurtriers de la guerre civile. La guerre civile a fait 200 000 morts selon le bilan officiel.
Depuis 2002, l'Algérie a connu une pacification progressive, renforcée par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale de 2005. Les dernières violences terroristes significatives remontaient au début des années 2010. Aucune revendication n'a été diffusée.











