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Flottille vers Gaza :
100 bateaux, Greenpeace, et un blocus à forcer

La Global Sumud Flotilla a quitté Barcelone le 12 avril 2026 avec plus de 100 bateaux et un millier de participants. L'Arctic Sunrise de Greenpeace rejoint le convoi — première fois que l'ONG s'engage dans une flottille vers Gaza.

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Participants de la flottille pour Gaza sur un voilier au port de Barcelone avec des drapeaux palestiniens, 12 avril 2026
Départ de la Global Sumud Flotilla depuis le port de Barcelone, 12 avril 2026© Josep Lago / AFP
L'Essentiel
  • La Global Sumud Flotilla a quitté Barcelone le 12 avril 2026 avec plus de 100 bateaux et un millier de participants, dont plus de 1 000 professionnels de santé
  • L'Arctic Sunrise de Greenpeace rejoint le convoi en soutien logistique et technique — première fois que l'ONG s'engage dans une flottille vers Gaza
  • Escales prévues à Syracuse (Italie) et Lerapetra (Grèce) avant de se diriger vers la côte palestinienne
  • En septembre 2025, la précédente flottille avait été interceptée par Israël à 70 milles nautiques de Gaza

Samedi 12 avril 2026, port de Barcelone. Plus de 100 bateaux larguent les amarres en direction de la Méditerranée orientale. À bord, un millier de personnes — médecins, infirmiers, bénévoles, militants. Parmi les navires, l'Arctic Sunrise, brise-glace légendaire de Greenpeace, reconverti en navire de soutien logistique. La Global Sumud Flotilla se met en route vers Gaza. Elle sait ce qui l'attend.

Ce que transporte la flottille

La mission est avant tout médicale. Plus de 1 000 professionnels de santé participent au convoi, avec à bord des médicaments, du matériel chirurgical et des équipements de soins d'urgence destinés à la bande de Gaza. Le blocus imposé par Israël depuis 2007, renforcé depuis l'offensive d'octobre 2023, a étranglé l'accès aux fournitures médicales. Les hôpitaux de Gaza fonctionnent en sous-capacité chronique.

La flottille ne prétend pas résoudre la crise humanitaire. Elle vise à forcer le passage — ou, au minimum, à rendre le blocus visible. Greenpeace International a annoncé le 7 avril que l'Arctic Sunrise fournirait un « soutien technique et opérationnel » au convoi, sans participer directement à une tentative de franchissement du blocus.

Greenpeace dans une flottille : la première

C'est la première fois que Greenpeace engage un de ses navires dans une mission vers Gaza. L'ONG, habituée aux confrontations maritimes contre les baleiniers japonais ou les plateformes pétrolières, n'avait jamais franchi ce pas sur un dossier aussi politiquement chargé. L'Arctic Sunrise — le même navire que la Russie avait arraisonné en 2013 dans l'Arctique — apporte sa notoriété et sa capacité logistique.

La décision a été annoncée par Greenpeace MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et Greenpeace International simultanément. Le mot choisi pour justifier l'engagement : « solidarité humanitaire ». Pas de prise de position sur le conflit lui-même, mais un acte de présence sur l'eau.

Septembre 2025 : le précédent

La Sumud Flotilla n'en est pas à son premier essai. En septembre 2025, un premier convoi avait tenté la traversée. La marine israélienne l'avait intercepté à environ 70 milles nautiques de la côte gazaouie — en eaux internationales. Les bateaux avaient été redirigés vers le port d'Ashdod. Pas de violence, pas de morts, contrairement à l'épisode du Mavi Marmara en 2010 (10 militants tués par les forces spéciales israéliennes).

Cette fois, l'ampleur est différente. Plus de 100 bateaux contre une poignée en septembre. L'Arctic Sunrise de Greenpeace attire les caméras. Le contexte géopolitique a changé : la guerre en Iran, le cessez-le-feu fragile, les frappes continues sur le Liban — la Méditerranée orientale est une zone de tension maximale. Intercepter une flottille humanitaire de 100 navires avec Greenpeace à bord, devant les caméras du monde entier, a un coût diplomatique que même Israël doit calculer.

L'itinéraire : Barcelone, Syracuse, Lerapetra, Gaza

Le convoi suit un itinéraire méditerranéen avec deux escales : Syracuse (Sicile) et Lerapetra (Crète). Chaque escale est une étape logistique — ravitaillement, regroupement, vérification des cargaisons — et un acte de communication. Des rassemblements de solidarité sont prévus dans chaque port.

La traversée de la Méditerranée orientale, entre la Crète et la côte palestinienne, est la phase critique. C'est dans cet espace que la marine israélienne a intercepté le convoi de septembre. La zone est surveillée par les marines israélienne, égyptienne et, depuis la guerre en Iran, par des bâtiments de l'OTAN et de la coalition navale européenne.

Le timing n'est pas anodin. Le 12 avril, jour du départ, est aussi le jour de l'échec des négociations Iran–États-Unis à Islamabad. Le pape Léon XIV vient d'invoquer une « obligation morale de protéger la population civile » libanaise. Le Moyen-Orient est à vif. La flottille part dans cette fenêtre — quand le monde regarde.

À lire aussi

Sources : Greenpeace International — Greenpeace joins Global Sumud Flotilla · Oumma — Départ prévu le 12 avril 2026 · Greenpeace Luxembourg — Flottille mondiale en direction de Gaza · Le Quotidien — Greenpeace dans la flottille · France-Irak Actualité — Greenpeace rallie la flottille

L'essentiel

  • La Global Sumud Flotilla a quitté Barcelone le 12 avril avec plus de 100 bateaux
  • L'Arctic Sunrise de Greenpeace rejoint le convoi — première fois pour l'ONG
  • Escales prévues à Syracuse et Lerapetra avant la côte palestinienne
  • En septembre 2025, la précédente flottille avait été interceptée à 70 milles de Gaza

Antoine Lefebvre

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