En 37 jours de guerre, plus de 131 sites patrimoniaux ont été endommagés en Iran, dont 4 inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Quarante-huit musées ont subi des dégâts. La salle des miroirs du palais Golestan, à Téhéran, est détruite — la restauration est estimée à 15 ans. Le Blue Shield, gardien international du patrimoine en zone de conflit, évoque des « crimes de guerre potentiels » — après ceux documentés sur les enfants soldats des Gardiens.
Quatre sites UNESCO touchés en cinq semaines
L'Iran possède 29 sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Quatre ont été confirmés endommagés par les frappes américano-israéliennes depuis le 28 février.
Le palais Golestan à Téhéran, résidence royale de la dynastie Qajar inscrite à l'UNESCO depuis 2013, a perdu sa salle des miroirs — un joyau de marqueterie et de mosaïques du XIXe siècle. Les experts estiment la restauration à quinze ans minimum. À Ispahan, la place Naqsh-e Jahan — l'une des plus grandes places du monde, inscrite depuis 1979 — a été touchée, endommageant la mosquée de l'Imam et la mosquée Sheikh Lotfollah, chefs-d'œuvre de l'architecture safavide du XVIIe siècle. Le palais Chehel Sotoun (Ispahan, XVIIe siècle) et le jardin de Fin (Kashan) figurent aussi sur la liste.
Le rythme des destructions suit celui des frappes. Le 14 mars, le ministère iranien du Patrimoine culturel comptabilisait 56 sites endommagés. Le 24 mars : 114. Le 31 mars : plus de 131, selon le décompte tenu par Adventure Iran.
48 musées, 149 universités
Parmi les 131 sites répertoriés, 48 musées ont subi des dommages — collections endommagées, salles d'exposition soufflées par les ondes de choc, vitrines brisées. Le complexe de Saadabad et le palais de Marbre à Téhéran, la mosquée Sepahsalar et la grande mosquée d'Ispahan (Masjed-e Jame, XIIe siècle, également inscrite à l'UNESCO) figurent sur la liste.
Les institutions d'enseignement ne sont pas épargnées : 149 établissements d'enseignement supérieur ont été endommagés, dont l'université adjacente à l'installation gazière de Téhéran frappée lundi 6 avril.
Ce que dit le droit international
La Convention de La Haye de 1954 interdit les attaques délibérées contre les biens culturels en temps de guerre. L'Iran a soumis à l'UNESCO une documentation formelle citant des violations de cette convention. L'organisation a communiqué aux belligérants les coordonnées géographiques de ses sites protégés pour éviter les frappes.
Le Blue Shield a averti que les destructions pouvaient constituer des « crimes de guerre potentiels ». La question est de savoir si les sites ont été visés délibérément ou touchés par des frappes sur des objectifs militaires voisins. Le droit international humanitaire impose dans les deux cas un devoir de précaution proportionné à la valeur culturelle des biens à proximité.
L'Iran est l'un des pays les plus riches au monde en patrimoine historique : vestiges de Persépolis, mosquées safavides, jardins persans, tours du silence zoroastriennes. Chaque semaine de guerre réduit un héritage que des millénaires ont constitué. La salle des miroirs du Golestan, si elle est un jour restaurée, ne sera plus qu'une copie.











