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Gaz européen :
+40 % selon HSBC, votre facture se joue à Ormuz

HSBC a relevé de 40 % ses prévisions de prix du gaz naturel en Europe pour 2026. Le contrat TTF devrait s'établir à 14 dollars par million de BTU. 20 % du GNL mondial est bloqué à Ormuz. Les stocks européens sont 15 points sous la moyenne.

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Courbe du contrat TTF Dutch Natural Gas Calendar sur un écran de smartphone montrant la hausse des prix du gaz en Europe
Le contrat TTF, référence du prix du gaz en Europe, en forte hausse depuis la fermeture d'Ormuz© NurPhoto / Samuel Boivin via AFP

HSBC a relevé de 40 % ses prévisions de prix du gaz naturel en Europe pour 2026. Le contrat TTF néerlandais — référence du marché européen — devrait s'établir en moyenne à 14 dollars par million de BTU cette année, contre 10 dollars dans la prévision initiale. La cause tient en deux mots : détroit d'Ormuz.

20 % du GNL mondial bloqué

Avant la guerre, environ 20 % du gaz naturel liquéfié mondial transitait par le détroit d'Ormuz. Le Qatar et les Émirats arabes unis — deux des plus grands exportateurs de GNL au monde — expédient l'essentiel de leur production à travers ce passage de 50 kilomètres de large. Depuis la fermeture partielle du détroit le 15 mars, ces flux sont interrompus.

L'Asie est la première touchée : 26 % de ses approvisionnements en GNL proviennent du Qatar et des Émirats via Ormuz. Mais l'Europe subit un effet domino. Les cargaisons qui étaient destinées à l'Asie et transitaient par des routes alternatives sont désormais captées par les acheteurs asiatiques prêts à payer plus cher. L'Europe, qui s'est massivement tournée vers le GNL depuis la coupure du gaz russe en 2022, se retrouve en concurrence directe — avec moins de leviers, selon Bloomberg.

Des stocks en dessous de la moyenne

Les réserves européennes de gaz sont environ 15 points de pourcentage en dessous de la moyenne quinquennale. L'Europe avait réussi à reconstituer ses stocks après l'hiver 2024-2025, mais la fermeture d'Ormuz a stoppé le réapprovisionnement printanier au pire moment — celui où les pays stockent le gaz pour l'hiver suivant.

« L'Europe fait face à des prix du gaz élevés liés à la guerre au moins jusqu'en 2027 », résument les analystes d'HSBC dans leur note du 16 mars, relayée par Energy Connects. Le TTF devrait encore s'établir à 10 dollars par MBTU l'an prochain, puis redescendre à 8,50 dollars à partir de 2028 — à condition que le détroit rouvre. Autrement dit : deux hivers sous tension.

Ce qui vient : votre facture de chauffage

En France, le prix du gaz naturel est partiellement régulé par le tarif de référence de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Mais les marchés de gros — indexés sur le TTF — finissent toujours par se répercuter sur les factures avec un décalage de quelques mois. Une hausse de 40 % du TTF en 2026 signifie une hausse sensible des factures de chauffage à l'automne.

Les ménages chauffés au gaz — environ 11 millions de foyers en France — seront les premiers touchés. Les copropriétés avec chaudière collective, les bailleurs sociaux et les ménages au fioul subissent déjà la hausse des énergies fossiles. La chaîne de transmission passe aussi par l'industrie : la chimie européenne, premier consommateur industriel de gaz, répercute ses surcoûts sur les produits finis — plastiques, engrais, détergents.

Le marché l'a compris. Le blocus sélectif d'Ormuz n'est pas qu'un problème de pétrole. C'est aussi un verrou gazier. Et tant que le verrou tient, les factures montent.

L'essentiel

  • HSBC relève de 40 % sa prévision de prix du gaz européen pour 2026 : TTF à 14 $/MBTU contre 10 initialement
  • Environ 20 % du GNL mondial transitait par le détroit d'Ormuz, fermé depuis mi-mars
  • Les stocks européens de gaz sont 15 points en dessous de la moyenne quinquennale
  • HSBC prévoit des prix élevés jusqu'en 2027 (10 $/MBTU), retour à la normale pas avant 2028

Questions fréquentes

De combien le prix du gaz va-t-il augmenter en Europe en 2026 ?
HSBC prévoit un prix moyen du contrat TTF (référence européenne) à 14 dollars par million de BTU en 2026, soit 40 % de plus que la prévision initiale de 10 dollars. Cette hausse est principalement causée par la fermeture du détroit d'Ormuz, qui bloquait environ 20 % du GNL mondial. HSBC prévoit un retour à des niveaux plus bas (8,50 $/MBTU) à partir de 2028.
Pourquoi la fermeture d'Ormuz fait-elle monter le prix du gaz en Europe ?
Le Qatar et les Émirats arabes unis, parmi les plus grands exportateurs de GNL au monde, expédient leur production via le détroit d'Ormuz. Sa fermeture bloque ces flux. L'Asie, qui dépend de ce GNL pour 26 % de ses approvisionnements, capte les cargaisons alternatives à des prix plus élevés. L'Europe, concurrente sur le marché du GNL spot depuis la coupure du gaz russe, se retrouve avec moins de gaz disponible et des prix en hausse.

Claire Moreau

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