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Ultimatum Kharg :
ce qui se passe lundi si l'Iran ne cède pas

Trump a fixé au lundi 6 avril 20 h la reprise des frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes. L’île de Kharg, par où transitent 90 % des exportations pétrolières iraniennes, est la cible désignée. Trois scénarios pour la France.

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Vue satellite de l'ile de Kharg, principal terminal petrolier iranien, avec cuves de stockage visibles
L'ile de Kharg, par ou transitent 90 % des exportations petrolieres iraniennes, est la cible designee par Trump.© MarineTraffic

Le 26 mars, Donald Trump a publié sur Truth Social un message d’apparence diplomatique : « À la demande du gouvernement iranien, je suspends la destruction des installations énergétiques pour 10 jours. » La date limite est précise : lundi 6 avril, 20 h, heure de Washington — soit mardi 7 avril, 2 h du matin à Paris.

Si l’Iran n’a pas rouvert le détroit d’Ormuz d’ici là, Trump a promis de « anéantir complètement » les centrales électriques, les puits de pétrole et l’île de Kharg.

Kharg : pourquoi cette île change tout

L’île de Kharg, dans le nord du golfe Persique, est le terminal pétrolier le plus important d’Iran. 90 % du brut iranien y transite avant de partir en tanker, principalement vers la Chine. Sa capacité de chargement est d’environ 7 millions de barils par jour.

Détruire Kharg, c’est couper l’artère principale de l’économie iranienne. Mais c’est aussi retirer du marché mondial ce qu’il reste des exports pétroliers iraniens — ceux-là mêmes que la Chine achète à 90 %. Pékin, pour l’instant discret, ne le resterait pas.

Ce que Téhéran répond

L’Iran a rejeté le plan américain en 15 points — transmis par le Pakistan — comme « excessif et déraisonnable ». Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a affirmé sur Al Jazeera que Téhéran « ne cherche pas un cessez-le-feu mais la fin de la guerre ». L’armée iranienne a promis des opérations « dévastatrices » et « l’humiliation » en réponse à toute escalade.

En clair : personne ne cède. Et la date approche.

Trois scénarios pour lundi

Scénario 1 — Trump frappe Kharg. Le plus spectaculaire. Des frappes aériennes détruisent le terminal de chargement. L’Iran perd sa principale source de revenus. Le Brent, déjà à 109 $, bondirait vers 130-150 $ selon Bloomberg. Pour la France, cela signifie un gazole à 2,50-2,70 €/L d’ici fin avril. La Chine perdrait son accès privilégié. Le risque d’élargissement du conflit à la Chine devient réel.

Scénario 2 — Trump saisit Kharg. Des troupes au sol débarquent sur l’île. C’est le scénario que Trump a publiquement évoqué : « prendre l’île, prendre le pétrole ». Les experts du Washington Post avertissent : cela requerrait des troupes au sol, ferait des victimes américaines et constituerait une escalade « qualitativement différente » de frappes aériennes. L’Iran a prévenu que toute invasion de ses îles « briserait toute retenue ». Le marché pétrolier irait au même endroit que le scénario 1, avec en prime une guerre terrestre.

Scénario 3 — Trump prolonge le sursis. Le plus probable. Trump repousse l’échéance de 5 ou 10 jours, comme il l’a déjà fait le 26 mars. Il évoque des « progrès » dans les négociations que Téhéran dément. Le marché souffle brièvement. Mais rien n’est résolu : Ormuz reste fermé, le vote ONU est reporté, et chaque sursis raccourcit les stocks des pays qui en dépendent.

Ce que la France doit regarder

Lundi 6 avril, trois événements convergent en quelques heures : la réouverture des marchés pétroliers après Pâques, l’expiration de l’ultimatum Kharg et la fin du plafond TotalEnergies le lendemain.

Si le scénario 1 ou 2 se réalise, la carte du monde sous le choc devra être redescinée. La France, avec son bouclier nucléaire électrique, est mieux protégée que le Gujarat ou le Bangladesh. Mais elle importe 51 % de son gazole et ne protège pas ses stations-service avec des réacteurs.

Le dossier de la guerre en Iran entre dans sa phase la plus dangereuse. Ce n’est plus une question de semaines. C’est une question d’heures.

L'essentiel

  • Trump a fixé au lundi 6 avril 20 h (heure de Washington) la reprise des frappes énergétiques
  • L’île de Kharg concentre 90 % des exportations de brut iranien (7 M barils/jour de capacité)
  • L’Iran a rejeté le plan américain en 15 points comme « excessif et déraisonnable »
  • Trois scénarios : destruction Kharg (Brent 130-150 $), saisie militaire, prolongation sursis
  • Le délai expire le même jour que la réouverture des marchés après Pâques

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’île de Kharg et pourquoi est-elle stratégique ?
L’île de Kharg, située dans le nord du golfe Persique, est le principal terminal pétrolier d’Iran. Environ 90 % du brut iranien y transite avant d’être chargé sur des tankers. Sa capacité est de 7 millions de barils par jour. Détruire ou saisir Kharg couperait la principale source de revenus de l’Iran et retirerait ces volumes du marché mondial, provoquant une flambée des cours.
À combien pourrait monter le baril de pétrole si Trump frappe Kharg ?
Selon les estimations de Bloomberg, une destruction du terminal de Kharg pourrait faire bondir le Brent de 109 $ (cours du 2 avril) vers 130-150 $. Cela se traduirait en France par un gazole autour de 2,50-2,70 €/L d’ici fin avril, soit 40 à 60 centimes de plus qu’aujourd’hui.

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